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Présentation de Stéphane Cosson, généalogiste professionnel – Paroles d’Experts

Le salon Genco à Brive-La-Gaillarde a été riche en rencontres ! Nous avons eu le plaisir de rencontrer Stéphane Cosson, généalogiste professionnel.

Nous suivions son blog depuis quelques mois déjà. Je vous invite d’ailleurs à y faire un tour : www.cosson-genealogieblog.fr

Suite à nos échanges, il a accepté de répondre à nos questions pour ce nouveau rendez-vous Paroles d’experts.

Interview de Stéphane Cosson

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?Stephane Cosson

Stéphane Cosson : Je fais de la généalogie depuis plus de 35 ans et je suis généalogiste professionnel installé depuis 16 ans sur Albi. J’ai une formation d’archiviste, d’ethnologue de la famille, de sociologue et bien sûr d’historien.

J’ai une collaboratrice depuis 5 ans maintenant (qui a un doctorat en histoire et qui est, en plus, une perle !) après avoir essayé de m’associer avec quelqu’un. Depuis 10 ans, je tiens un blog qui vient de changer d’adresse : http://www.cosson-genealogieblog.fr. J’écris régulièrement des articles dans les revues de généalogie.

 

Vous êtes généalogiste professionnel mais vous êtes aussi chargé de cours dans le cadre du Diplôme Universitaire de généalogie de Nîmes. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Stéphane Cosson : La rencontre avec l’Université de Nîmes s’est faite un peu par hasard. J’avais envie de lui proposer un projet, je ne sais plus lequel, et j’ai écrit pile au moment où elle cherchait un généalogiste professionnel pour remplacer David Mataix, généalogiste professionnel, créateur du DU (Diplôme universitaire), qui avait décidé de partir vers d’autres horizons.

Depuis plusieurs années, je donne donc les cours de généalogie. Et j’aime beaucoup transmettre ma passion à mes étudiants, leur donner une méthodologie et l’envie de consulter d’autres documents qui peuvent parfois leur faire peur comme les hypothèques ou le cadastre. Je ne peux pas tout voir malheureusement mais le but c’est de leur donner envie, d’éveiller leur curiosité. Je corrige aussi leurs mémoires individuels et nous travaillons ensemble, pour ceux qui étudient sur Nîmes, sur la généalogie d’une personnalité d’origine gardoise ou qui a des attaches dans le Gard. Nous avons travaillé ainsi sur Lucien Lautrec, Adolphe et Ferdinand Crémieux, Bernadette Lafont, Emmanuel Daudé d’Alzon et Pierre-François Picaud. C’est ce que nous appelons le mémoire collectif où ils me rendent un seul écrit, rédigé tous ensemble.

Il y a un DU (Diplôme universitaire) sur place de janvier à juin (les inscriptions se font au cours du mois d’octobre) et un DU (Diplôme universitaire) à distance, de septembre à janvier avec le mémoire à rendre en avril (les inscriptions se font au cours du mois de mai).

Pour ce qui est du mémoire individuel, ils partent tous d’un couple marié entre 1833 et 1842, choisi soit dans leur généalogie (une branche qu’ils n’ont pas encore étudiée) soit choisi au hasard (plutôt dans leur département). Après avoir établi la généalogie (trois générations au-dessus, enfants et tous les petits-enfants pour ceux qui sont sur place, une branche le plus loin possible dans le temps et une autre descendue le plus près de nous pour ceux qui le font à distance et qui n’ont pas le mémoire collectif), ils doivent faire des recherches dans tout ce que nous avons vu en cours avec une petite histoire du lieu. Le but du mémoire individuel est vraiment de mettre en pratique tous les cours qu’ils ont vus pendant le semestre.

Je n’ai pas que les DU (Diplôme universitaire) de généalogie. Je donne aussi quelques heures de cours à la licence professionnelle des Agents de Recherche Privés (ceux que nous appelons encore les détectives privés) où là je suis vraiment sur de la généalogie pratique car c’est ce qui est important pour eux.

 

Quelles sont les conditions pour intégrer ce Diplôme Universitaire ?

Stéphane Cosson : La sélection se fait sur dossier. Il faut, entre autres documents, envoyer une lettre de motivation. Peu importe la condition d’âge (nous avons des étudiants de 18 à 75 ans). Peu importe les diplômes obtenus ou pas (pour certains, ce sera leur seul diplôme dans toute leur vie). L’essentiel c’est vraiment de montrer qu’on a envie.

Pour le DU (Diplôme universitaire) à distance, une autre condition, c’est d’avoir un ordinateur avec caméra et microphone puisqu’une partie des cours se fait en visioconférence.

Je n’avais pas envie que les étudiants qui s’installent, le fassent dans de mauvaises conditions. À mon sens, il était important de les accompagner.

Lors de nos échanges, vous avez pu me faire part de votre nouveau projet : un diplôme universitaire intitulé «Aide à l’installation du généalogiste professionnel ». Pourquoi créer ce nouveau diplôme ?

Stéphane Cosson : Les étudiants font celui-ci pour plusieurs raisons : pour leur plaisir, pour être embauché dans un cabinet de généalogiste successoral ou pour se mettre à leur compte en tant que généalogiste familial. Dans ce dernier cadre, j’ai trouvé que ce serait bien que l’Université propose une aide pour qu’ils puissent trouver de l’information et mieux s’installer. Je n’avais pas envie que les étudiants qui s’installent, le fassent dans de mauvaises conditions. À mon sens, il était important de les accompagner.

J’ai donc proposé l’idée au service de la formation continue de l’Université. Pour moi au départ c’était une option de cours. Au fur et à mesure des discussions, cela s’est transformé en nouveau DU que nous sommes en train de finaliser. L’Université a acté sa naissance. Il est donc en train de se mettre en place dans les tuyaux universitaires. L’inscription se fera en février, toujours sur dossier, pour des cours au mois d’avril.

Mais… Les futurs généalogistes peuvent avoir peur de s’installer directement en autoentrepreneur ou comme entrepreneur individuel ou en société, même s’ils ont eu une aide. Ce n’est pas évident si on a toujours été salarié, de changer comme cela de casquette. Il fallait donc pouvoir continuer de les aider. Là je suis allé voir la coopérative d’activités et d’emplois du Tarn pour proposer la mise en place d’un partenariat. C’est ce que j’ai appelé « Padawan ». La coopérative d’activités et d’emplois, celle-ci ou une autre proche de chez eux, peut les accueillir pendant deux ans pour leur apprendre à être un entrepreneur. A côté, je les aide pour avoir cette casquette de généalogiste professionnel. En étant dans ce cadre, ils ont une sécurité, un confort. Si jamais au bout de ces deux ans, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas faits pour cela, qu’ils n’arrivent pas à se dégager un salaire suffisant, ils se sont créés des droits qui vont pouvoir leur permettre de rebondir. Et c’est important dans le contexte économique actuel. Ils y consacrent le temps qu’ils veulent pendant ces deux ans.

Pourquoi « Padawan » ? C’est la faute d’un de mes confrères, Frédéric Deleuze, qui a surnommé ainsi un de mes étudiants, Fabien Larue, quand il s’est installé. Frédéric a dit que Fabien était mon Padawan. J’avais le nom !

C’est un parcours qui ne se fait pas en France jusqu’à présent. Il me paraissait important qu’il soit mis en place. J’ai déjà des idées pour la suite alors que cela n’a pas encore vraiment commencé.

 

En plus de ces nombreuses activités, vous êtes aussi le créateur de SOS Généalogie ! Qu’est-ce que cela comporte ?

Stéphane Cosson : Au départ, SOS Généalogie était une idée commune à plusieurs généalogistes professionnels. Nous avions mis en place une hotline pour que des gens qui avaient des blocages mineurs dans leur généalogie puissent profiter d’un conseil immédiat d’un professionnel. Il y avait à côté d’autres idées : un coaching pour donner de la méthodologie sur un point précis et une aide à la lecture d’actes.

Après la fermeture de la hotline, nous nous sommes séparés et, comme c’était moi qui lisais les actes envoyés, j’ai repris cette activité. C’est plus maintenant SOS Paléo. La personne envoie l’acte, le paiement se fait à l’avance, un prix par page et en fonction du siècle. Plus le document est ancien, plus la personne paie.

Dans ce cadre-là a été publié aux éditions Fata Morgana un inédit inachevé de Charles Fourier. Les cahiers Charles Fourier ont publié une autre version de cet inédit. Et le philosophe René Scherer nous a demandé, à ma collaboratrice et moi, de venir faire une conférence sur l’écriture de Charles Fourier, du point de vue paléographique, dans un de ses séminaires.

La revue de philologie (La philologie – à ne pas confondre avec la philosophie – est l’étude d’un langage à partir de documents écrits) de l’Université de Thessalonique a publié un écrit, toujours inédit, de Sade. Il va paraître incessamment sous peu aux Belles-Lettres, en collaboration avec l’Université d’Athènes, la thèse de médecine inédite d’Adiamantos Korays, un philologue grec dont les écrits ont permis au XIXème siècle à la Grèce, de reprendre son indépendance et de sortir du joug turc. Une personnalité très importante en Grèce donc.

SOS Paléo, ce n’est donc pas que dans le cadre de la généalogie. Cette ouverture s’est faite un peu par hasard, suite à la lecture d’une carte postale reçue par un client. Il ne savait pas qui la lui avait envoyée et elle était très mal écrite au feutre noir. La personne me l’a transmise pour que je la lui déchiffre. Il a été tellement ravi que voilà… Nous avons collaboré différemment.

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est de transformer mes clients en Marsupilamis. Des gens qui, au vu des découvertes que je peux leur faire, sautent partout de joie en les apprenant.

En tant que généalogiste professionnel, quelle est la plus belle histoire que vous ayez vécue grâce à votre métier ?

Stéphane Cosson : Ce qui me fait le plus plaisir, c’est de transformer mes clients en Marsupilamis. Des gens qui, au vu des découvertes que je peux leur faire, sautent partout de joie en les apprenant.

Dans ce cadre-là, j’ai Pierre Mondy qui m’a appelé après que la Revue Française de Généalogie ait publié sa généalogie. Il m’a fait immédiatement penser, par le ton de sa voix, au gamin devant la friandise convoitée depuis longtemps et qu’on lui offre enfin. Il était plus que ravi de connaître sa généalogie paternelle qu’il ne connaissait pas et m’en remerciait très sincèrement. Un appel bref mais avec beaucoup d’émotion de part et d’autre.

De même un autre monsieur qui n’avait pas de famille, une histoire très douloureuse sur deux générations. Mes recherches sont allées au-delà du fait de lui donner une généalogie, je lui ai donné une famille en plus de lui donner des racines. Chaque fois que nous étions au téléphone, j’entendais sa joie, son émerveillement. Il lui tardait à chaque fois d’en savoir plus.

Ou encore, une dame qui cherchait un mariage depuis des dizaines d’années. Je le lui trouve. Je l’appelle à tout hasard pour le lui dire avant de lui envoyer les recherches. Elle rentrait de faire ses courses. J’ai eu un blanc au téléphone avant d’entendre un hurlement de joie et la personne qui me dit : « Attendez, je pose mes sacs de courses et dites-moi tout. Ils étaient où ? »

Et ça, ça fait un bien fou quand on est un professionnel.

Merci Stéphane pour cette interview !

Et si vous avez participé à ce diplôme universitaire, qu’en pensez-vous ? Donnez-nous vos avis !

N’hésitez pas à vous rendre sur son blog qui regorge d’articles aussi intéressants les uns que les autres : http://www.cosson-genealogieblog.fr

À bientôt !


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